Des changements rapides et généralisés sont nécessaires dans tous les systèmes énergétiques du monde pour lutter contre le changement climatique et assurer un développement durable, ont déclaré les experts.

Dans ses Perspectives énergétiques mondiales annuelles, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) met en garde contre le fait que, dans un scénario fondé sur les intentions déclarées, les objectifs et les mesures existantes des pays, les augmentations des gaz à effet de serre ralentissent, sans atteindre leur maximum avant 2040.

Des centaines de millions de personnes n’auraient toujours pas accès à l’électricité, les décès prématurés dus à la pollution resteraient aux niveaux élevés d’aujourd’hui et les émissions de carbone limiteraient les graves conséquences du changement climatique, a averti l’AIE.

Il y aurait également une forte production de gaz de schistes et de pétrole aux États-Unis, qui a lancé le processus de retrait de l’Accord de Paris global pour réduire les émissions afin d’éviter des augmentations de température supérieures à 1,5C ou 2C.

Il y aurait aussi une augmentation de l’énergie solaire, une diminution de la demande de pétrole et une réduction de la consommation de charbon, aux côtés des pays qui mènent le changement avec des plans pour atteindre des émissions nettes nulles.

Mais l’élan donné à l’énergie propre ne suffirait pas à compenser les effets de l’expansion de l’économie mondiale et de la croissance démographique.

Selon le rapport de l’AIE, un scénario qui permettrait de réduire fortement les émissions et d’atteindre les objectifs de réduction de la hausse des températures nécessiterait des changements rapides et généralisés dans tous les secteurs du système énergétique.

Il s’agit notamment d’améliorer l’efficacité énergétique, depuis la modernisation des bâtiments existants pour économiser de l’énergie en matière de chauffage et d’éclairage jusqu’à la conception et au recyclage plus efficaces de matériaux comme l’aluminium, l’acier et le plastique.

Selon ce scénario de développement durable, l’électricité dépasserait le pétrole d’ici 2040 comme principale source d’énergie, les véhicules électriques décollant, et la majeure partie de l’augmentation proviendrait de l’énergie éolienne et solaire.

Et comme il y a tant d’énergie au charbon récemment construite dans le système à l’échelle mondiale, les centrales devront être équipées d’une technologie permettant de capter et de stocker les émissions de carbone ou de brûler la biomasse, de les réorienter vers d’autres sources ou de les mettre au rancart plus tôt.

Le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a déclaré : “Ce qui ressort avec une clarté cristalline des perspectives énergétiques mondiales de cette année, c’est qu’il n’existe pas de solution unique ou simple pour transformer les systèmes énergétiques mondiaux.”

De nombreuses technologies et carburants ont un rôle à jouer dans tous les secteurs de l’économie. Pour ce faire, nous avons besoin d’un leadership fort de la part des décideurs politiques, car les gouvernements ont la responsabilité la plus claire d’agir et ont la plus grande latitude pour façonner l’avenir.”

Et il a insisté : “Le monde a un besoin urgent de se concentrer sur la réduction des émissions mondiales, à la manière d’un laser.

“Cela exige une grande coalition comprenant des gouvernements, des investisseurs, des entreprises et tous ceux qui sont engagés dans la lutte contre le changement climatique.”

Notre scénario de développement durable est conçu sur mesure pour guider les membres d’une telle coalition dans leurs efforts pour relever l’énorme défi climatique auquel nous sommes tous confrontés.